Interview – Marc Schillaci


Note : cette interview est plutôt longue mais je vous invite vraiment à la lire, elle est vraiment très intéressante ;)

Pour cette seconde interview de la série, j’ai la chance d’accueillir Marc Schillaci.

Qui est Marc Schillaci ?

Interview Marc SchillaciMarc n’est peut-être pas une personne très « visible » dans le petit monde blogosphérique francophone (il n’a pas de blog avec X milliers d’abonnés, n’a pas lancé le dernier digg-like à la mode, pas d’outils web2.0 dernier cri, …) mais il fait partie de ceux qui entreprennent avec un certain succès.

Dés le début des années 80 ( non le monsieur n’est pas retraité aujourd’hui, il a juste commencé très jeune ;) ) il développe PLAN IT, premier logiciel de planification pour PC, et un peu plus tard co-fonde DFL ( une société de service liée à l’arrivée des micro-ordinateurs dans les grandes entreprises ).
En 1997 c’est EBZ.COM qui voit le jour, société pour laquelle il est co-fondateur et CEO. A nouveau le succès est au rendez-vous puisqu’au moment de sa revente EBZ est l’une des 3 premières plateformes américaine de commerce en ligne destiné au marché des TPE-PME.

Aujourd’hui c’est au tour d’Oxatis (fondée en 2001) dont l’objectif est le même, permettre aux petites entreprises de disposer d’une solution professionnelle de commerce en ligne et cela de manière simple, souple et peu onéreuse. Marc tient également un blog à son nom.

Mon premier contact avec Oxatis remonte au salon e-business 2007 à Bruxelles, où j’avais pu y rencontrer mon ami Hervé, le Directeur Marketing International. Maintenant que les présentations sont faites, entrons dans le vif du sujet ;)

1 – Tout d’abord merci Marc de m’accorder cette interview ! Je t’avoue que je ne connaissais pas du tout ton parcours professionnel avant de préparer cette entrevue mais j’ai l’impression que tu a toujours rencontré pas mal de succès avec tes projets, tu a une recette particulière ? J’aime d’ailleurs beaucoup ta définition de l’entreprenariat que tu vois comme « une opportunité de créer ce qui n’existe pas encore, de le faire mieux que les autres, plus vite que les autres avec moins de moyens que les autres ».

Merci à toi Chris de me donner l’opportunité de parler d’entrepreneuriat.

Tu as gentiment parlé de mes succès, mais je voulais vraiment dire à tous que l’entrepreneur connait aussi des échecs. J’en ai connu de toutes sortes : mauvaises idées, mauvaises associations, mauvais moment, etc.

La où je pense m’en être bien tiré c’est que j’ai eu la chance de commencer très jeune par un succès avec PLAN IT. Je me souviens que j’écrivait le code sur des feuilles de papier sur les bancs de l’école et que je tapais le code le soir (les PC étaient rares en 1981, on les partageaient). J’avais 20 ans, je n’y connaissais rien en planification (rien en informatique non plus !), sauf les quelques « trucs » que j’étais en train d’apprendre sur les bancs de l’école des Travaux Publics (ça mène à tout !), j’achetais des tas de livres sur le sujet et j’ajoutais des fonctions que je trouvais utiles. J’ai eu la chance immense d’avoir la bonne idée au bon moment (il n’y avait aucun concurrent !), de trouver le bon éditeur pour me commercialiser, la bonne structure juridique pour publier (le père de ma petite amie de l’époque était fiscaliste et je me suis retrouvé « Inventeur de progiciel », j’aurais aime voir la tête de la personne des impôts qui tentait de décoder ma feuille !).

Bref au bout d’un an, à force de travail et d’astuces, j’ai fini par publier mon logiciel et là, surprise, j’ai vendu à tous les grands. Bouygues, Dumez, CBC, toutes les grandes sociétés de BTP ont acheté cela. Et comme c’était au début des années 80, nous avions un président qui avait des Grands Projets (ils en ont tous J ), et mon logiciel s’est retrouvé utilisé pour rénover le Louvre, construire la Pyramide, L’opéra Bastille, l’Arche de la Défense, les centaines de km de voies de TGV, etc.

Je ne dis pas que je n’ai pas travaillé dur pour arriver à faire cela, mais ce que je retiens, c’est que ce genre de chance te donne un grande confiance en toi. Puisque tu as eu un succès d’entrepreneur pourquoi ne pas en avoir d’autres. Et surtout si tu connais l’échec, et c’est mon cas, tu peux le relativiser et ne pas te dire que c’est « toi qui est nul », mais que tu as simplement fais les choses un peu moins bien, peut-être au mauvais moment, etc. Et de trouver le courage de recommencer.

Je vois souvent des amis qui se lancent, certains ont mon âge (46) et veulent faire qq chose eux même après une longue période en entreprise, d’autres sont beaucoup plus jeunes. Et j’ai envie de leur dire : soyez prêt à ne pas être affecté par l’échec. C’est notre grand malheur en France (et peut-être en Europe par rapport aux USA ou à l’Asie), c’est que l’entrepreneur qui a failli est immédiatement catalogué comme un nul et comme celui qui n’est pas fait pour cela. Que ce soit au niveau des banquiers (difficile de recommencer après un échec, même si on a pas laissé de dettes), au niveau des amis ou de la famille qui ont tendance à conseiller une voie « plus sage » que le risque d’entreprendre.

Ce que je trouve extraordinaire avec le commerce en ligne en ce moment, c’est que des gens peuvent se lancer dans l’entreprise sans mettre leur vie en péril. Ca marche tant mieux, ca ne marche pas, au pire tant pis, sinon on change un peu de cible, on améliore, ou on abandonne sans avoir dépensé des dizaines de milliers d’euros. On peut se lancer alors que l’on est salarié (finalement un peu comme je l’ai fait pendant que j’étais étudiant), etc.

Un de mes « secrets d’entrepreneur », c’est minimiser les risques tout en maximisant les opportunités ! Le commerce en ligne est une sacrée occasion de l’appliquer.

Une fois passé cette phase solitaire, qui m’a permis finalement de me lancer sans risques, sans associé à choisir, sans fonds, j’ai eu envie d’aller plus loin. Je me suis rapidement (pas assez ?) aperçu de mes limites. Par exemple, je sais que si mon équipe de développement me lit, ils vont avoir un grand sourire en travers du visage… on est toujours moins bon que les meilleurs, mais je sais qu’ils sont tout de même content que je puisse dialoguer 3 heures avec eux en comprenant de quoi ils me parlent et assumer les décisions que nous prennons ensembles.

S’entourer de gens meilleurs que soi, c’est sans doute un des secrets de la réussite dans l’entrepreneuriat. Pas facile de le faire. Au début par manque de moyens (When you pay peanuts you get monkeys comme on dit aux USA), et une fois que l’on a les moyens, on a souvent peur de ne pas être à la hauteur. Mais c’est un cap à franchir. Comprendre que ce qui est motivant pour « les meilleurs » c’est aussi de travailler avec « d’autres meilleurs ». Cela compte souvent autant que la rémunération. Et la on retrouve le rôle « entraineur » du chef d’entreprise, mettre ses équipes en résonnance !

Je pense que c’est comme cela que l’on peut faire mieux avec moins de moyens. Et c’est souvent plus intéressant que de juste gérer les budgets (je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire aussi ) !

Bref, je m’arrête car je pourrais en parler des heures !

2 – Tu n’est pas seulement entrepreneur mais également blogueur depuis bientôt 2 ans ( tu n’est pas le seul dans la team d’ailleurs ). Qu’est-ce qui t’intéresse le plus dans cet exercice ? Plutôt l’aspect promo pour Oxatis, le partage autour d’une thématique qui te tient à coeur, la notoriété ou autre chose ?

Je ne vais pas être langue de bois, la promo pour Oxatis c’est important. Cela me permet aussi de blogger « professionnellement », c’est une opportunité pour ne pas avoir à le faire en dehors du boulot au détriment de ma vie familiale.

Ensuite cela permet de dire certaines choses différentes/différemment. Soit des choses qui n’ont rien à faire dans un « site corporate » même si elles ont un rapport direct avec Oxatis, soit des choses qui sont plus orienté vers l’entreprise, l’opportunité de parler entreprenariat, de motiver des gens pour se lancer, de partager des coups de gueule !

La notoriété, je ne suis pas certain que ce soit un objectif pour moi, je suis heureux sans et je préfère construire ma réputation sur ce que je fais plutôt que sur ce que je dis. Mais entreprendre c’est jouer avec les règles du jeu, et sur le net aujourd’hui dans la règle du jeu, il y a blog, il y a personnalisation de la relation. Donc je joue le jeu.

Et puis j’ai la chance de faire cela dans un environnement client extraordinaire. J’ai sans doute créé des logiciels avec qui les gens ont fait des choses extraordinaires (des grands ouvrages, des barrages, des lignes de TVG, des sous-marins nucléaires), mais sincèrement ce ne sont que des « choses ». Avec Oxatis c’est la VIE des gens qui change et je peux te garantir que cela ne laisse pas indifférent ! Une anecdote (mais j’en ai 100), il y a 3 semaines j’ai acheté un article sur un site Oxatis. Le lendemain j’ai un coup du fil du marchand qui me dit « Je sais qui vous êtes ( !!!) et je voulais vous dire un grand merci ». Naïvement je lui réponds « mais de rien, c’est bien normal que si j’ai quelque chose à acheter je le fasse sur un site Oxatis ». Il me réponds « ce n’est pas de cela que je veux vous parler. Je vous dis un grand merci parce que vous avez changé ma vie. J’avais une boutique qui marchait tant bien que mal, et en 3 ans j’ai quintuplé mon chiffre grâce au commerce en ligne ». Il n’y a pas beaucoup de métier où on peut avoir la chance d’entendre ce genre de choses, et quand tu entends cela, tu as envie de le partager et un blog est un outil optimal pour partager cela.

3- « Réussir sa boutique en ligne » est ton premier livre qui devrait paraitre d’ici fin aout aux Editions First, tu peux nous en parler un peu ?

Cela fait très longtemps que j’avais envie d’écrire sur le commerce en ligne. Quand j’étais aux USA, j’avais cosigné avec mon associé américain un livre au titre un peu provocateur « eBusiness for e-Bozo » (l’e-business pour les Clowns). Il y a dix huit mois, en faisant un peu de rangement je retombe dessus (j’ai d’ailleurs fait un petit billet la dessus à l’époque) et je me suis aperçu que même s’il était totalement obsolète compte tenu de l’évolution du commerce en ligne, le sujet traité était plus que d’actualité.

Le principe c’est de parler commerce en ligne sans jamais parler HTML, java et autre acronymes. Le principe c’est de parler commerce !

Tout est basé sur les différents challenges que rencontre un ecommerçant. C’est quoi une bonne page d’accueil ? Quelles sont les 5 pages indispensables dans un site marchand ? C’est quoi u bon catalogue ? Comment organiser/pricer ses ports ? Quelles méthodes de paiement offrir ? Quelles opportunités apportent les places de marché ? Comment se faire connaitre ? Que faire quand le site ne vend rien ?

C’est 16 chapitres, 300 pages, des « pas à pas », des « kits de survie », infiniment plus de travail que ce que j’avais imaginé !

Et puis c’est un challenge de plus pour moi. Je me suis toujours considéré comme « nul en Français » moi qui ne comprend pas que des gens puissent se dire « nuls en maths », et c’est le juste retour de bâton, maintenant je passe plus de temps à écrire qu’à calculer !

4 – Mes interviews ayant toujours un rapport, de près ou de loin, avec la Belgique pourrais-tu nous expliquer quels sont tes rapports et ceux d’Oxatis avec ce pays ?

Nos rapports avec la Belgique, c’est que nous avons la chance qu’une partie de ton beau pays parle le français et qu’à ce titre, nous avons déjà des sites marchands belges. Ensuite j’aime bien votre bi culturisme (je sais que je devrais peut-être me taire en ce moment), mais quelle chance de ne pas pouvoir parler qu’une seule langue et de devoir en parler 2, ce qui signifie en parler 3 car l’anglais devient obligatoire. Quel frein pour l’Europe que nos langues ! Je sais que c’est agréable, que c’est nos cultures, mais d’un point de vue business, si l’Europe ne parlait qu’une langue nous serions 5 fois plus gros aujourd’hui chez Oxatis. Que d’emplois à créer… mais bon passons.

Enfin je vais peut-être accepter d’être au Board d’une très belle entreprise Belge (je ne peux pas citer le nom), donc cela me rapprochera encore plus.

5 – L’actualité d’Oxatis (il y a 3-4 semaines déjà) c’est la récente levée de fond d’une valeur de 2 millions d’euros. Etant donné que vous êtes déjà numéro 1 en France et que vous voulez commencer à vous étendre dans le reste de L’Europe, à quoi vont principalement servir ces fonds ? Plutôt consolider la base ou tout miser sur l’expansion ? Il me semble que l’évolution du e-commerce en ligne est en augmentation un peu partout (je suis loin d’être un expert cela dit) mais que certains marchés européens sont plus concurrentiel que d’autres. Vers où allez-vous vous tourner ?

Interview Marc SchillaciSi le marché du e-Commerce explose vraiment en France, comme je le pense, nous ne pouvons pas nous permettre de dire « nous sommes numéro 1 c’est gagné ». Si ce marché explose nous allons devoir mettre les moyens de rester numéro 1. Le problème est de savoir si le numéro 1 aura 10.000 marchands dans 3 ans ou 50.000. A 10.000 nous n’avions pas besoin d’argent pour le faire. A 50.000 je pense qu’il fallait que nous nous donnions ces moyens. Je suis persuadé que nos concurrents de demain, ne sont pas les numéros 2 et 3 de demain (je le leur souhaite cependant, je m’entends bien avec eux et je les respecte). Nos concurrents de demain seront des gros acteurs européens ou mondiaux, peut-être pas dans le commerce en ligne aujourd’hui, qui pourront mettre les moyens au bon moment pour adresser le marché exactement quand il faut. Est-ce dans 3 mois, 9 mois, 18 mois … personne ne sait. Mais le jour où cela arrivera il vaudra mieux être prêt.

Aux US ils disent « le pire jour de ta vie c’est celui ou l’on vend les billets d’un dollar pour 20 cents et que tu n’as que 10 cents en poche ». Si un jour cela arrive pour le e-Commerce, et ça arrivera, je pourrais mettre 20 Cents sur la table.

Si nous avons levé des fonds c’est que nous étions les seuls (tu cherchais des différentiateurs J ) à avoir un modèle économique sain. Nous vendons pas cher à nos clients et nous sommes rentables, même en phase de forte croissance. Nous avons pas trop mal fait notre travail en France. Reste à savoir si c’est répliquable. C’est ce que nous nous empressons de faire en Espagne et en Italie. Nous allons dérouler la même méthode, en l’adaptant à la culture du pays. Nous avons choisi les pays du sud car il y a un déficit fort dans le commerce en ligne entre les pays du nord (Scandinavie, UK, Allemagne) et les pays du sud (France, Italie, Espagne). Si tu veux un chiffre, il y a 6 fois moins de site marchands dans le sud que dans le nord à PIB égal !

Mais attention, tous les développements à l’étranger passent d’abord par un succès en France. Donc on va y faire de très gros efforts.

6- De mon point de vue de bloggueur je trouve ça étonnant car la blogosphère espagnole est plutôt très active justement, tout comme les lancements de projets du genre « 2.0″, et le succès est au rendez-vous (Wikio, avec tout ce qu’il a d’imparfait, le montre assez nettement : http://blog.wikio.fr/2008/05/top-50-des-blog.html). Bref ça bouge pas mal chez eux mais l’e-commerce semble moins concerné. Comment expliques-tu cette différence Nord-Sud ?

La différence Nord/Sud s’explique probablement par quelques « détails » très importants.

1) le taux d’utilisation des PC familiaux en Europe du Sud reste assez faible par rapport à l’europe du nord.

2) France Télécom nous a fait perdre 2 ou 3 ans en poussant jusqu’au bout le Minitel. On ne se rappelle plus de cela, mais il y a seulement 7 ans, le CA du minitel était supérieur au CA de l’Internet en France ! Belle façon de transformer une opportunité en désastre. Bien entendu c’est du passé, mais il nous manque la génération des petits entrepreneurs du web des années 2001-2004.

3) les banques françaises ont leur part dans le même désastre. Pour pousser le système « carte à puce » elles ont confirmé le bruit qui fait que l’utilisation de la carte sur le Net est dangereuse. Quelle honte ! Quand tu compares du SSL avec les bits non codés qui passent à genoux sur les fils d’un Minitel, tu peux sérieusement te demander de qui on se moque. Tout cela pour tenter de nous imposer des claviers spéciaux avec la carte à puce ! Donc elles ont mis 100% du risques des cartes volées sur les vendeurs au lieu de faire comme dans tous les pays civilisés ou quand un client « dispute » un achat avec sa carte de crédit, on écoute les 2 parties. Je remarque que maintenant que 3D-Secure arrive (en France c’est en octobre 2008) et qu’elles se retrouve avec la charge du débit pour leur pomme, elles osent dire que 3D-Secure, avec son mot de passe à entrer, va faire perdre des clients aux boutiques. Comme si le code PIN avait fait perdre des clients aux magasins de ville ! Est-ce que tu te dis « tiens je vais aller acheter en face car comme cela je me fatigue moins car il n’y a pas le code pIN à entrer » ! Bref le système bancaire français n’a vraiment pas aidé le commerce en ligne en refusant les contrats de VAD à tour de bras et en faisant tout pour que rien n’évolue.

4) La Poste qui est notre principal transporteur, a fait d’énormes progrès en 5 ans … façon élégante de dire que notre logistique était très en retard il y a 5 ans. Il en va de même en Italie et en Espagne.

5) L’état ne fait aucun cadeaux aux entrepreneurs. Dès que tu as un Registre du Commerce l’URSSAF et tous les organismes (im)possibles et (in)imaginables te tombent dessus et te demande des acomptes forfaitaires avant même que tu ais encaissé un Euro ! A comparer avec les USA où il y a un moratoire sur les Sales taxes (notre TVA) sur le Net depuis plus de 10 ans !

Voila, quand tu ajoute tout cela, et nos amis Italiens et Espagnols, s’ils n’ont pas exactement les même tares sont tout de même, comme nous, des champions de l’immobilisme, tu te retrouve avec ce retard incroyable.

Pourquoi cela ne se produit pas dans le blog ? Eh bien aucun de ces 5 points ne concernent pas les blogs !

7- Tu parlais de gros efforts un peu plus haut et cela me fait penser à une anecdote. En terme de blogging, il m’est arrivé plusieurs fois d’être contacté par des personnes voulant lancer un blog sur un sujet pas forcément de niche (le poker notamment, …) et me demandant comment faire pour « lancer son blog pour gagner plein d’argent avec des pubs sur lesquelles il suffit de cliquer pour encaisser ». Lorsque je leur explique que la seule façon de peut-être générer un revenu est d’apporter non seulement du contenu pertinent, de travailler au quotidien sur son espace mais aussi d’investir un minimum au départ (nom de domaine, hébergement, promotion, …), il n’y a plus personne. Cela démontre encore une très grande méconnaissance de la chose de la part de l’utilisateur lambda, est-ce que vous ressentez aussi ce phénomène de l’abandon de boutique après quelques mois parce qu’elle ne décolle pas ou parce que les marchands n’ont pas vu l’activité comme une course de fond ?

Bien entendu ! Je prépare d’ailleurs un billet sur mon blog sur la barrière qu’il faut avoir la patience de franchir et l’état d’esprit des clients qui réussissent. En fait, en moyenne, ceux qui réussissent avec nous ont un profil assez simple : ils écoutent (nous mais aussi les autres acteurs), ils travaillent (beaucoup), ils sont patients et persévérant.

Ca me rappelle un prof de math, d’un des meilleurs lycées de France, qui disait « Je ne crois pas aux gens intelligents »… sous entendu « ceux qui bossent vont plus loin que ceux qui sont doués » !

8 – En dehors des évènements (du type salons, cycle de conférences, …) que faites vous pour promouvoir la marque ? ( que ce soit online ou offline ) Pensez-vous mettre en place des campagnes promotionnelles à l’avenir, notamment via les blogs (que ce soit sous forme de publi-rédactionnels, d’articles sponsorisés, d’achat de bannières ou autres) ? Il me semble qu’il existe quelques blogs très spécialisés dans le domaine mais pas encore « exploités » par les sociétés du secteur.

La réponse c’est qu’il faut TOUT faire et tout mesurer ! Et quand cela n’a pas marché, avant de conclure que « c’était nul », changer quelques détails, recommencer et remesurer !

Je ne pense pas que tu nous verras « claquer » des milles et des cents, mais nous iront jusqu’au bout de chaque idée, par petits pas (on tombe toujours de moins haut et on arrive à grimper même si on est pas un grand athlète).

On essaye de faire des choses originales, comme l’e-Commerce Academy. (A ce propos que ceux qui pensent que j’ai pompé l’idée à la télé se détrompent, nous avions déjà une « Soho-Scolarship » en 1999 aux USA !).

Bref tout ce que l’on nomme Guerrilla marketing. Avec des moyens un peu plus importants qu’avant.

9 – Tout le monde doit y passer, voici la question impertinente ;)
Mise en situation : je me lève un matin avec l’idée de vendre quelque chose en ligne. J’ai envie de proposer une boutique qui fasse un minimum « pro » (paiement en ligne, présentation honorable, fiabilité des transactions, disponibilité d’accès, …) mais comme je n’y connais pas grand chose dans le domaine je sais qu’il me faudra quelques semaines/mois avant de voir si le marché est potentiellement intéressant, d’avoir une boutique vraiment optimisée, avec son ambiance particulière, avec un catalogue étoffé, … sauf qu’au fond ce que je cherche ce n’est pas tant de savoir qui me propose la meilleure offre, le meilleur logiciel, … mais celle qui me fera gagner le plus, vendre le plus. Qu’est-ce qui fait VRAIMENT votre différence et votre plu value ? Qu’est-ce qui me motiverait à dire « banco, je débourse 50 euros/mois chez eux parce que ça me permettra de gagner plus au final qu’une solution moins onéreuse, voire gratuite » ?

J’adore ta question car la réponse EST dans la question. Ce qui nous différencie des autres ? C’est TOUT ce que tu as listé et que, comme tu le dit, nous faisons VRAIMENT. Cela ne coûte vraiment que 50€, il n’y a vraiment aucun engagement, c’est vraiment une technologie au top, tu as vraiment un support en ligne irréprochable avec des gens qui ne font que du commerce en ligne (je m’amuse à dire que les collaborateurs Oxatis, ce sont des sachets de thé dans la grande tasse du e-Commerce ! » Chez nous on baigne la dedans, les e-Commerçants sont notre raison d’être).

Interview Marc Schillaci

Bien sûr tu peux me dire « mais tout le monde dit cela ». Le problème c’est qu’ils ne disent et qu’ils ne le font pas. Un exemple ? Il y a quelques mois nos amis de PayPal sont contactés par une « entité » qui souhaite commercialiser quelques dizaines de milliers de pack de commerce. Exigence : Être compatible PayPal, PayPal Express, eBay, Shopping et être une solution Française. Il n’y a pas deux solutions en France qui réponde à ces critères.

Alors si tu ajoute être aussi compatible avec 25 systèmes de paiement, être vraiment intégré dans des logiciels de gestion, etc, etc, etc … nous nous sentons très seuls J

Notre problème c’est comment faire en sorte que les clients fassent la différence. Mais bon je ne vais pas me plaindre, la difficulté de différencier le leader des autres, c’est aussi l’opportunité pour nos milliers de clients d’exister en ayant l’air presque aussi gros que les gros J

10 – Pour finir sur le sujet Oxatis, que peux t’on en attendre pour l’avenir ? Outre l’expansion européenne et vu ton expérience acquise avec EBZ sur ce marché avez vous des vues sur l’Amérique du nord (USA, Canada) ? Est-il envisageable de décliner une version des boutiques dédiée aux téléphones mobiles, de présenter son shop sous forme d’interface riche our encore d’intégrer éventuellement les mondes virtuels ? Je crois savoir que vos développeurs n’ont pas de moufles quand ils codent donc … (ndlr : ce sont les premiers à avoir intégré avec succès la solution PayPal Express CheckOut).

Il y a des questions auxquelles je ne peux pas répondre car je ne sais simplement pas. Est-ce que le prochain marché sera les USA, l’Asie, la Russie ou simplement une petite partie de l’Europe, c’est vraiment impossible d’y répondre. Il y a un million de marchands aux USA, il y en aura un million en Europe dans 3 ans. Il y a de quoi faire en Europe.

En ce qui concerne nos projets de développement, c’est vrai que j’ai de la chance d’avoir une équipe extraordinaire. Je ne vais pas entrer dans le jeu est-ce que l’ASP c’est mieux que le PHP (pour moi chaque religion se respecte), mais quand tu as la chance d’avoir dans ton équipe 3 personnes qui font de l’ASP depuis 1995 ( !!!) c’est un peu comme si tu mettais les 500 meilleurs programmeurs ASP de la planète dans un 747 et que tu avais 3 des tiens en première classe J

Alors pour nous résumer (sic) voila ce que nous allons faire :

- Aider nos clients à trouver de nouveaux clients dans un internet de plus en plus complexe : Interface eBay, Mobiles, Widgets…
- Aider nos clients à vendre plus à leurs anciens clients (promo, fidélisation, tarification différenciée …)
- Aider nos clients à mieux utiliser les choses complexes du commerce en ligne (interface d’administration plus intuitive)
- Couvrir des niches fonctionnelles
- Investir massivement sur l’automatisation de notre plateforme. Fournir le service que nous fournissons pour 50€/mois cela signifie que nous devons consacrer 30% de nos investissements à l’automatisation de TOUT ce qui est automatisable.

11 – D’un point de vue personnel, penses-tu déjà à de nouveaux projets ? Quels sont les plus gros défis que tu veux/voudrais relever sur le web ?

Au risque de te décevoir, non je n’ai pas de nouveaux projets, mais Oxatis c’est comme un nouveau projet tous les trimestres ! On avance à une vitesse incroyable . Il m’arrive de tomber sur un mail ou un document et de me dire « on faisait ça en 2004 »… et hop je vois que la date c’est fin 2006. Juste 6 trimestres ! L’âge de bronze J

Le plus gros défi que j’ai devant moi c’est respecter ce que j’ai « vendu » à mes investisseurs. Car si je le fais, cela signifiera que nous avons des dizaines de milliers de clients satisfaits, que mes collaborateurs d’aujourd’hui et de demain auront eu des opportunités de s’éclater dans leur travail et de grandir chaque trimestre, et que je me serais régalé à être au cœur de tout ça.

Mon autre plus gros défi, c’est ma famille. Quand j’aurais 70 ans, je ne sais pas si un client se souviendra de moi. Je veux faire en sorte d’être là pour les miens.

Je remercie à nouveau Marc pour avoir répondu aussi complètement à mes questions de novice ainsi que Hervé pour nous avoir mit en contact. En tous cas j’ai vraiment découvert de nouvelles choses sur le commerce en ligne à travers cette interview et sa préparation ( oui je sais c’était pas trop difficile vu ce que j’en connaissais avant ;) ).

 
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 4 commentaires
  1. très intéressante entrevue en effet
    je ne connais pas ce monsieur, ni le monde du commerce sur le web mais il y a vraimen beaucoup de choses à apprendre dans ce qui est dit

    merci !

  2. Comme d’habitude, une interview de Marc est toujours très instructive, même pour ceux qui oeuvrent déjà dans le e-commerce et même s’ils utilisent (et préconisent) déjà la solution Oxatis !

    Je suis d’ailleurs toujours étonné des deux facettes de Marc, qui peut aussi bien avoir une discussion aussi courte que possible d’un côté et être aussi prolifique quand il s’agit d’écrire un billet ou répondre à une interview, avec dans les deux cas une facilité de rester compréhensible pour le plus grand nombre….

    Eric

  3. Incroyable, on en apprend tous les jours avec Marc :-)

    L’homme aux mille vies :-)

    Non épatant vraiment! ;-)

    NB: Je suis nul en Maths, oui c’est possible!:-)

    NB: Merci pour le Thé! :-)

  4. Je vais mettre une table dans un coin pour la team Oxatis :-)

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