Pourquoi j’abandonne les réseaux sociaux
En ce 1er octobre j’ai décidé de mettre temporairement de côté tout ce qui a trait aux réseaux sociaux (Twitter, Google +, Facebook, …) et comme il s’agit en partie d’une expérience j’en explique les raisons ici. Avant tout il va de soit que cela ne concerne que moi et la vision des choses que j’en ai et qu’il ne faut y voir aucune critiques quand aux outils eux-mêmes (qui ne sont que le résultats de ce que l’ensemble de la communauté en fait).

Techniquement il n’y a rien de concret mit en place, j’ai juste ajouté les sites à mon extension Leechblock afin qu’ils soient inaccessibles 24h sur 24 et 7j sur 7 et retiré les liens directs de mes bookmarks. C’est contournable bien entendu mais c’est plus pour éviter le clic rapide ou la visite ‘par réflexe’ ;)
A. Un test grandeur nature
Depuis maintenant plus 4 ans je suis au quotidien connecté sur ces sites sociaux. Twitter et G+ actuellement mais il y a eu par le passé Facebook, Youtube, Plurk, des groupes Google, etc. et si l’on remonte encore plus loin j’étais déjà présent sur des forums, IRC et d’autres avant cela. Il ne m’est arrivé qu’une seule fois de me couper partiellement du web (1 mois fin 2010 pour raisons personnelles), donc voici une occasion de le faire par envie et sur une plus longue période puisque je pars avec un objectif de tenir 3 mois. Ces 3 mois deviendront p-e 6, 9 ou seront prolongés indéfiniment selon les résultats et les conclusions que j’aurai tiré d’ici là.
En fait je me suis rendu compte que, derrière le côté sympa de partager et échanger sur les réseaux, je me posais plusieurs questions avec une certaine insistance :
- - Qu’est-ce que je ferai du temps gagné ?
- - Est-ce qu’il va passer dans d’autres activités online (lancements de nouveaux sites, rédaction d’articles, …) ou vais-je en profiter pour revenir à des occupations hors du PC ?
- - Va-t’il y avoir un phénomène de manque ? Où de nostalgie dans quelques semaines lorsque j’aurai perdu l’habitude de venir voir les sites (enfin si j’y parviens ;))
- - Les gens vont-ils prendre des nouvelles ou pas ?
- - Est-ce que moi je serai plus enclin à les contacter par mail ou téléphone pour savoir comment ils vont ?
- - Est-ce que la nature des relations va changer ? Juste voir que quelqu’un publie des statuts chaque jour nous montre qu’il est encore là, que son quotidien continue, etc. mais sans nouvelles venant des réseaux est-ce qu’on va plus régulièrement lui proposer un apéro ou une bouffe pour savoir ce qu’il devient, etc ?
- - Est-ce que Twitter & Co ont ‘tués’ en partie mon envie de rédiger des billets ?
- - Sans eux, vais-je revenir à ma consommation d’informations ‘d’avant’ (Google Reader, sites d’actus, …) ?
- - …

Bref des tas de questions que je me suis posées à un moment ou l’autre et pour lesquelles cette pause sociale devrait me permettre de trouver des réponses. Il y a quelques mois j’ai beaucoup prêté attention à l’expérience démarrée par Thierry Crouzet (coupure totale du web durant 6 mois … ces 6 mois sont terminés depuis hier, reviendra t’il ou non ?), et sans prétendre opter pour une solution aussi radicale j’espère à ma petite mesure obtenir mes propres réponses et voir quelle est la place que je désire donner à l’avenir à ces échanges sur la toile. A travers toutes les conférences et salons que je fais je rencontre beaucoup de gens qui sont sur les réseaux parce qu’ils se sentent ‘obligé’ d’y être, soit qu’ils bossent dans le web, soit que tous leurs contacts y sont et que ne pas y être c’est rater quelque chose.
En fait je ne conserve que Skype et uniquement dans le cadre pro (j’ai supprimé ma liste de contacts pour n’en garder que 6) ainsi que ma boîte mail qui est déjà bien filtrée du bruit.
D’un autre côté ça va permettre de faire un peu un suivit des ‘suiveurs’. Vont-ils se lasser au bout d’un temps et aller voir ailleurs ou non ? Si oui est-ce qu’il y a une désaffection massive ou non, à quelle période, etc. A titre de comparatif futur j’ai actuellement 2414 suiveurs sur Google+ et 3010 sur Twitter. Résultats dans 3 mois puisque comme je le fais chaque fois je vous partagerai le retour de mon expérience ;)
B. Le temps c’est de l’argent du temps
Petit exercice tout simple : imaginons que je passe 30 min par jour sur les réseaux (et ça me paraît une moyenne basse si je calcule le fait de lire des articles, voir des photos/vidéos provenant de liens partagés, le fait d’échanger avec les autres, d’aider, de trouver une info à publier, etc. ) => au bout du mois ça me fait 15h, quasiment 2 journées de travail ! Ce que je retire des sites sociaux vaut-il ces 2 jours par mois ? A première vue j’ai envie de dire non, surtout lorsque la majorité de l’information est composée de bruits, de répétitions, d’inutile, de vide, de critique, de gens qui se plaignent ou qui râlent, … et que l’on finit tellement par s’y habituer que l’on contribue soi-même à ce bruit (de + en + je me prend à me demander pourquoi j’ai tweeté telle ou telle chose qui n’apporte concrètement rien pour personne).
Pourrais-je trouver ce que je cherche comme information de manière plus précise en moins de temps, simplement en me focalisant sur le signal via d’autres sources ? A voir, je le saurai si dans 3 mois je reviens et que je me sens un peu ‘largué’ par tout ce qui s’est passé entre-temps ;)
C. ‘Star System’

De plus en plus souvent je vois les réseaux sociaux comme des sortes de télé-réalité du web. On y rapporte ou critique la télévision mais sous une autre forme le fond est pareil. Les gens y racontent leurs vies qu’ils tentent d’embellir pour avoir l’air plus intéressant, certains prennent les réseaux pour un thérapeute en cherchant à partager/exprimer leurs soucis plutôt qu’en discutant vraiment avec les concernés, d’autres encore y jouent un rôle différent, etc. alors que certains sont juste là, à lire ce qu’il se passe dans d’autres quotidiens que le leur, un peu en mode voyeur.
X vous poste une image de son repas, Y mentionne qu’il boit du champagne avec Z, W livetweet sa réunion, V partage ce qu’il voit à la télévision alors que C balance une vidéo marrante sur le temps que B fait un jeu de mot sur le dernier fait d’actu du moment. C’est vain et le pire est que l’on finit soi-même par faire pareil au bout d’un temps.
D. Les trolls
Une partie de ma décision vient de ceux qui vous enquiquinent au quotidien. Je n’ai pas les plus grosses communautés qui me suivent (ça ne se compte pas en dizaines de milliers) mais assez cependant pour avoir remarqué une progression régulière des gens qui me brisent les cacahuètes pour rien.
Je ne suis pas du genre à faire trop attention lorsque quelqu’un cherche à me troller, à m’insulter, à vouloir chercher le clash, etc. généralement je lui donne ma façon de voir (parfois sans trop de diplomatie si lui-même n’en a pas usé) et si ça ne suffit pas je le bloque et basta. Par contre ça me coûte chaque fois un peu de mon temps et un peu de mon attention pour rien, et lorsque cela se présente 2 ou 3 fois par jour ça devient vite pénible. Au moindre tweet c’est presque comme si ce dernier avait été à la base de l’extinction d’une race animale ou qu’une catastrophe naturelle en avait découlé (j’exagère à peine). Vous le savez comme moi pour 1 personne qui va vous remercier vous en avez 30 qui vous pourrissent et qui n’auraient pas été content si vous aviez partagé l’information inverse ;)
Couper court à toutes ces remarques va me permettre de me rendre compte par l’expérience si oui ou non c’est fatiguant au quotidien et si mon attention se portera sur d’autres points. Dans tous les cas ça va me faire une peu des vacances sur cet aspect des choses.
Ce ‘besoin d’exister’ est à mon avis l’un des inconvénients des réseaux. Celui qui vient vous critiquer bêtement (je ne parle pas ici des gens qui ne sont pas d’accord avec vous mais qui vous le disent de manière courtoise et argumentée) ne le fait que pour se sentir important, montrer qu’il vaut mieux que vous, vous diminuer, pour se faire remarquer, faire son rebelz ou tout un tas d’autres raisons qui sont dans tous les cas néfastes pour lui aussi bien que pour vous (ne serait-ce qu’en perte d’énergie nerveuse ou de temps). Les gens on ce besoin de reconnaissance, de se sentir aimé ou détesté au point que certains sont obligés d’ajouter des dizaines ou des centaines de comptes pour avoir leur ratio d’ajouts et se sentir important.
Au final je considère qu’il y a plus d’effets pervers que de réels besoins comblés ou bienfaits dans ma vie, il est temps de voir ce que ça donne sans ça :)

Quelques précisions
Mes comptes resteront ‘pseudo-actifs’ même si je ne me connecterai pas dessus. Je pense particulièrement à Twitter pour lequel j’ai un certain nombre de tweets programmés à l’avance (ma citation du matin) et un feedburner qui publie automatiquement chaque fois qu’un article est publié sur ce blog.
Voilà, maintenant la question est de savoir si j’arriverai à décrocher ou non et si ce sera facile ou non. Car comme pour tout il s’agit d’une habitude à changer et pas d’un réel besoin (paraît qu’on vit très bien sans compte Twitter, Facebook & Co). Même d’un point de vue de gars du web ce n’est pas forcément important : je me moque du trafic que cela peut apporter sur mes sites (négligeable comparé à mes autres sources d’entrées), je me fous de savoir que j’ai X milliers de ‘fans’ ou le double, je ne fais pas vraiment attention ces pipos 2.0 de personnal branding/e-reputation/… et toutes les personnes qui comptent et avec qui j’ai envie d’échanger sont joignable d’une autre manière. J’ai appris à vivre sans les journaux papier, j’ai appris à vivre sans TV, j’espère pouvoir vivre sans réseaux sociaux ;)
Bref ça va être amusant, j’ai hâte de voir quelles seront mes réactions et mes réponses sur le sujet :)
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37 commentaires
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Intéressant comme cheminement…
oui, 30min par jour sur les réseaux sociaux, çà fait 15h par jour, mais combien de temps gagné garce à un réseau social … au lieu de chercher une info, je demande sur Twitter et j’ai la bonne réponse !
Après ya aussi du négatif cest clair ! je suivrai ton retour avec bcp d’attention …
On pourra peut être sen parler si tu viens à WIA7: http://www.webinalps.com/2011/plus-dinfos-sur-wia7 ?
Ah sinon, au cas où, i’m @weetabix ! LOL